L’appel du Coucou – Robert Galbraith (J.K. Rowling)

Titre : L’appel du Coucou
Auteur : Robert Galbraith
Date : 2013
Nombre de pages : 576

Ma critique :

Quand j’ai entendu que J.K. Rowling se cachait derrière un roman policier dont les critiques étaient plutôt positives, j’ai tout de suite eu l’envie de m’y attaquer. Malgré sa tentative pour rester « anonyme » derrière le nom de plume Robert Galbraith, les révélations divulguées par la femme de son avocat ont finalement poussé l’auteure à se révéler. Avec « L’appel du Coucou », on reconnait certains traits de l’écriture de la maman d’Harry Potter même si elle s’éloigne, cette fois-ci, du genre fantastique pour s’intéresser au polar.

L’appel du Coucou est un pavé de 576 pages, le bonheur pour moi. J’aime passer de lectures courtes à des « briques » plus longues. Dans ce cas, on ne voit même pas les pages passer, encore un des atouts de J.K. Rowling.

L’histoire n’est pas en soi hyper originale, elle reprend bien les caractéristiques du genre. On rencontre Cormoran Strike, un ex-lieutenant dans l’armée, marqué par la guerre en Afghanistan. Il est maintenant à son compte comme détective privé et a du mal à boucler ses fins de mois. C’est un peu l’archétype du « flic torturé au passé trouble, un peu alcoolique » que l’on retrouve dans de nombreux policiers, mais cela fonctionne très bien ici. On s’attache très vite à ce personnage central.

Un roman policier, c’est aussi un meurtre ou, en tout cas, un meurtre soupçonné. Ici, c’est la mannequin Lula Landry trouvée morte, défenestrée. La police classe tout de suite l’affaire en suicide. Le frère de la victime, un riche avocat, n’accepte pas cette conclusion et demande l’aide de Cormoran Strike.

L’histoire nous mène dans une intrigue très bien ficelée. On rencontre une pléthore de personnages, tous esquissés de manière précise. Ce roman est donc une très bonne enquête avec quelques surprises, les indices sont distillés au fur et à mesure de la lecture, mais ne m’ont pas forcément permis d’avoir la bonne idée de l’assassin. Je suis donc assez contente de cette lecture, j’ai vraiment passé un agréable moment en compagnie des personnages et j’ai déjà hâte de les retrouver pour le second volet.

La citation 

Les gens croyaient souvent voir de la symétrie et de la similitude là où elles n’existaient pas. Les choses semblaient pareilles, mais, à bien regarder, elles étaient si différentes…
Verdict ? 
3 bulles
Pour en savoir plus…

Le deuxième tome est baptisé « The Silkworm » (le ver à soie) et il est toujours signé Robert Galbraith, comme l’indique l’auteure sur le site baptisé du nom de son pseudonyme : robert-galbraith.com. Sa sortie au Royaume-Uni est prévue pour le 19 juin.

L’ordre et le chaos – Maud Tabachnik

Titre : L’ordre et le chaos
Auteur : Maud Tabachnik
Date : 2014
Nombre de pages : 320

Quatrième de couverture :

À quarante ans, après la mort de sa mère, Merryl réalise enfin son rêve : quitter son pays de Galles natal et prendre la route à bord d’un camping-car. Mais ce qu’elle découvre n’est pas la liberté, plutôt l’injustice et la brutalité des hommes. Prise dans l’engrenage de la violence et de ce qu’elle croit être la légitime défense, Merryl devient la criminelle la plus recherchée du royaume. Mais comment l’inspecteur Milland, ex-star de Scotland Yard, pourrait-il imaginer, en remontant une route jonchée de cadavres, que cette folie meurtrière est l’œuvre d’une femme ?

Mon avis :

Après avoir lu dix premiers romans dans le cadre du Prix Première, j’avais hâte de pouvoir me replonger dans un policier/thriller. J’ai donc choisi de m’intéresser à ce roman de Maud Tabachnik, ancienne kinésithérapeute, spécialisée dans le thriller politique et féministe. Il était conseillé dans la rubrique « mauvais genre » de l’émission « Livrés à domicile » du 3 février comme un très, très bon thriller. Alors, je dois tout de suite vous avouer ma déception. J’ai lu plusieurs critiques positives et pourtant, je ne suis pas du tout rentrée dans la vie de cette vieille fille qui décide de partir découvrir l’Angleterre en camping-car. L’écriture dépeint bien la personnalité renfermée du personnage, mais difficile de s’y attacher, en tout cas pour moi. Les seuls chapitres intéressants étaient lorsque l’on passait de l’autre côté du miroir, du côté de l’enquête policière. J’ai eu beaucoup plus d’intérêt pour la personnalité de l’inspecteur Milland qui était un peu plus fouillée. Je trouve que le personnage de Merryl aurait gagné a être beaucoup plus approfondi dans l’axe psychologique et pas simplement se limiter à : « Oh, quelle horreur ce machiste, je vais me le faire… ». D’autant plus qu’à la fin, un certain rebondissement tombe comme un cheveu dans la soupe et n’est, selon moi, pas du tout exploré. Bref, une légère déception… J’aimerais beaucoup avoir d’autres avis, peut-être que j’ai raté quelque chose, mais j’avais l’impression de voir tous les fils du roman à l’avance.

Verdict ? 

1 bulle

La légèreté d’Emmanuelle Richard

Titre : La légèreté
Auteur : Emmanuelle Richard
Date : 2014
Nombre de pages : 273

Quatrième de couverture

Alors donc, au départ, il y a ça : la maison blanche simple et bourgeoise prêtée ou soldée, peu importe, et puis le reste, le fond : Antoine s’est jeté du pont de Normandie et elle ne sera jamais légère malgré ses quatorze ans et les champs de coquelicots rouges qui éclatent dans sa tête et l’écrasement du ciel délaissé, les vagues violentes des champs d’herbes sèches qui ondulent subitement, l’odeur de boucherie de ce mois de juillet vibrant.

Elle est rêche, nerveuse, tordue, électrique. Elle ne peut plus attendre, il faut qu’elle rencontre un garçon. D’errances en déplacements sur une île de vacances, dans un village où elle n’a pas sa place, l’adolescente marche. À la recherche d’autres, pour enfin être vue, car qui peut vivre sans être vu, aimé, désiré ?

Mon avis

Ce roman retrace l’été d’une jeune adolescente de 14 ans perdue entre l’acceptation de son corps, son désir naissant et l’incompréhension de ses parents. A 14 ans, on se questionne sur la vie, on change d’idée pour un rien. L’écriture à la fois en « je » mais aussi à la troisième personne qu’utilise en alternance l’auteure rend bien compte de cette inconstance. Tout prend une proportion et tout semble important. J’ai beaucoup aimé cette nervosité ressentie dans l’écriture qui transfigure bien la tourmente de la jeune narratrice. Un autre point positif, c’est la manière dont l’auteure décortique son milieu et le jeu des apparences des parents. Ceux-ci souhaitent s’insérer dans un milieu social plus aisé que le leur sans réellement pouvoir en profiter, d’où de nombreuses frustrations… Lorsque le père demande la carte des vins au restaurant, il finit toujours par commander un pichet d’eau. La relation mère-fille est aussi au centre de ce roman. Une relation assez complexe entre haine et amour, rejet de l’autorité et demande d’affection. Par contre, on a du mal à situer le public de ce roman. Certaines descriptions portées sur le sexe ne pourraient pas forcément convenir à public jeune alors que le reste du roman pourrait convenir à ce public. Je dois tout même féliciter cette jeune auteure qui a réussi à se plonger dans le monde difficile de l’adolescence par le fond, mais aussi la forme.

L’extrait

Est-ce qu’il n’y a pas autre chose, quelque part, ailleurs ? Une autre solution ? Autre chose que le travail et la fatigue, la fatigue et la télé, les courses du samedi et les dimanches à ne rien faire, et les vacances semblables, quasiment identiques, vides à l’égal des longs dimanches de l’année étirés et béants, avec seulement la lumière en plus qui vous brûle d’impatience et vous éperonne d’espoir. Ce qui est pire.

Verdict ?

2 bulles

En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis

Titre : En finir avec Eddy Bellegueule
Auteur : Edouard Louis
Date : 2014
Nombre de pages : 220

Quatrième de couverture :

Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici.

En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Mon avis :

Ce livre est un réel coup de poing. Vous n’en ressortirez pas indemne. C’est dur, c’est violent et pourtant c’est proche de la réalité. D’ailleurs ce livre se veut roman mais il aurait tout aussi bien pu être classé parmi les biographies car son auteur le dit lui-même, c’est de son enfance dont il s’agit. La précarité de certains villages du nord de la France est dépeinte de manière très juste. J’y ai d’ailleurs retrouvé de nombreuses ressemblances avec certains villages du Borinage en Belgique… On n’est pas très loin !

La réalité de cette classe sociale est donc opprimante quand il s’agit de traiter des différences. Eddy Bellegueule a 10 ans et est efféminé. Il est physiquement attiré par les hommes. Un penchant qui entre en conflit avec ce milieu très dur. « Être un dur », c’est d’ailleurs son leitmotiv quotidien. Toute son enfance, Eddy essayera de se convaincre qu’il peut être un homme comme ceux de sa famille. Il passe son temps à cacher sa nature propre pour s’en sortir et ne plus être l’objet d’insultes.

Ce roman est vraiment un « page turner », on y entre de manière directe et on en sort difficilement. J’ai lu ce livre pour ce qu’il était, sans l’associer à son auteur. Je n’en avais pas encore entendu parler bien qu’il soit déjà fort critiqué dans les médias. Après l’avoir refermé, je me suis intéressée à ce jeune auteur de 21 ans. L’histoire en est devenue encore plus hallucinante… Selon moi, c’est un des premiers romans à retenir de l’année 2014.

Edouard Louis en parle dans La Grande Librairie

La citation

Il fallait fuir.

Mais d’abord, on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu’on ignore qu’il existe un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité. On essaye dans un premier temps d’être comme les autres, et j’ai essayé d’être comme tout le monde.

Verdict ?

3 bulles

Monde sans oiseaux – Karin Serres

Serres - Monde sans oiseauxTitre : Monde sans oiseaux
Auteur : Karin Serres
Date : 2013
Nombre de pages : 112

La quatrième de couverture :

« Petite Boîte d’Os » est la fille du pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale.

Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village.

Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

Mon avis ?

Un style particulier, qui sort de l’ordinaire. Une écriture belle et poétique. Un premier roman très réussi pour Karin Serres. Dès la première page, on plonge dans un univers particulier, surréaliste… et pourtant teinté d’un futur possible où les oiseaux auront totalement disparu de la surface de la terre. Je me suis vraiment laissée séduire par ce court roman faisant plutôt penser à un conte. Mélancolie, réflexion sur la vie et la mort… Ces thèmes sont abordés à travers une plume fine et sensible. Je vous conseille ce roman si, comme moi, vous aimez les histoires originales, voire complètement décalées à la rencontre de cochons fluorescents…

L’extrait :

Malgré cela, malgré son corps chaud contre lequel le mien s’emboîte si parfaitement, certaines nuits, je ne dors pas. J’ouvre les yeux dans le noir pailleté. Je réfléchis. Je roule sur le dos et je pense aux oiseaux. Dormaient-ils dans le ciel ou sur terre ? Voler, c’est comme nager m’a dit Jeff. Mai dans l’air. Est-ce possible ? En pensée, je nage la brasse au rythme des ronflements de Jeff. Mais dans le ciel. J’essaie.

Verdict ?

3 bulles

Jean Philippe Toussaint dit au revoir au Goncourt…

Jean Philippe Toussaint

Jean Philippe Toussaint

C’est l’écrivain Pierre Lemaitre avec « Au revoir là-haut » qui gagne le prestigieux prix littéraire. Une consécration et une publicité énorme pour cet écrivain de 62 ans. On estime à 400.000 les ventes lorsqu’un roman est orné du célèbre bandeau rouge. Jean Philippe Toussaint, seul écrivain belge de la sélection n’a malheureusement pas remporté le prix Goncourt avec son roman « Nue ».

Ce midi, la salle Goncourt du restaurant parisien Drouant accueillait les jurys du prix éponyme autour de sa majestueuse table ovale. Un lieu d’exception pour décerner l’élu littéraire de cette année. Aussi, une reconnaissance indéniable dans le monde de l’écriture. Quatre auteurs attendaient, ce midi, le verdict avec impatience…

Les romans sélectionnés :

– « Nue » (Minuit) de Jean Philippe Toussaint ;
– « Au revoir là-haut » (Albin-Michel) de Pierre Lemaître ;
– « L’invention de nos vies » (Grasset) de Karine Tuil ;
– « Arden » (Gallimard), le premier roman de Frédéric Verger.

Le prix Goncourt est un gage d’indépendance, une garantie de dignité donnée par une société libre à un petit nombre d’hommes qui se seront promis de se vouer tout entier au culte des belles choses. Citation de Raymond Poincaré en 1903.

Et si, au lieu de lire le gagnant, nous lisions les « perdants » ? 

Oui, soyons mauvais perdants et découvrons un auteur qui n’a pas fait les grâces du jury.

Bien souvent, l’attrait médiatique qu’un roman suscite grâce au gain d’un prix m’éloigne du plaisir de découverte et me donne, tout à coup, moins envie. Faut-il avoir lu tous les prix pour être à la page ? Non, je ne crois pas. Par contre, il peut être intéressant de s’y arrêter pour vous forger un avis personnel mais aussi pour découvrir un auteur qui vous est peut-être inconnu.

Dans mon cas, même s’il n’a pas gagné le prix, j’ai découvert un nouvel auteur belge. Je n’ai jamais lu Jean-Philippe Toussaint mais son travail m’intéresse fortement. Premièrement parce que la trame de fond de ses romans s’intéresse à la haute couture et au stylisme (un sujet que j’apprécie beaucoup) mais on lui reconnait aussi une écriture « sobre, sensible et minimaliste ». Peut-être pourrais-je élire ce roman ?

Courte bio de l’auteur (source : L’Express.fr)

Écrivain et cinéaste, Jean-Philippe Toussaint est né à Bruxelles en 1957. Diplômé de Sciences-Po Paris, également titulaire d’un DEA en histoire contemporaine, il a publié son premier roman en 1986, La Salle de bain, qui a obtenu le prix littéraire de la vocation. Le huitième, Fuir, la suite de Faire l’amour, sera couronné par le prix Médicis en 2005. Quant à La Vérité sur Marie, il sera distingué notamment par le prix Décembre en 2009. Les livres de ce lauréat de la Villa Kujoyama, au Japon, où il a séjourné en 1996, sont traduits dans une vingtaine de langues.

« Nue » est le quatrième et dernier volet consacré à Marie Madeleine Marguerite de Montalte, une styliste haute couture et son compagnon, aussi narrateur de l’histoire. C’est aussi une grande histoire d’amour décortiquée entre rupture et retrouvailles.

Extrait de « Nue » :

En dehors du côté spectaculaire de certaines des robes créées par Marie dans le passé -la robe en sorbet, la robe en calycotome et romarin, la robe en gorgone de mer que paraient des colliers d’oursins et des boucles d’oreilles de Vénus-, Marie s’aventurait parfois, en marge de la mode, sur un terrain expérimental proche des expériences les plus radicales de l’art contemporain. Menant une réflexion théorique sur l’idée même de haute couture, elle était revenue au sens premier du mot couture, comme assemblage de tissus par différentes techniques, le point, le bâti, l’agrafe ou le raccord, qui permettent d’assembler des étoffes sur le corps des modèles, de les unir à la peau et de les relier entre elles, pour présenter cette année à Tokyo une robe de haute couture sans couture. Avec la robe en miel, Marie inventait la robe sans attaches, qui tenait toute seule sur le corps du modèle, une robe en lévitation, légère, fluide, fondante, lentement liquide et sirupeuse, en apesanteur dans l’espace et au plus près du corps du modèle, puisque le corps du modèle était la robe elle-même.

Alors, allez-vous aussi élire vos propres romans ? 

24h01, le mook 100% belge

1234100_512982935443038_169826611_nJe crois qu’on l’attendait ce nouveau venu sur la scène de la presse belge.

Oui, d’un côté, pour les journalistes, ce nouveau lieu d’expression offre du recul par rapport à l’actualité chaude. 24h01 leur permet ainsi de traiter un reportage  version longue, sortir des sentiers battus, un regard différent… oserais-je dire personnel ?

De l’autre, une réponse à la demande du public belge. Un bel objet, entre magazine et livre d’où le terme « mook ». Un objet que l’on peut feuilleter dans la durée, que l’on peut laisser traîner sur la table du salon ou la table de nuit. Des pages épaisses, de belles illustrations et des photos témoins. Des sujets multiples, internationaux, mais aussi centrés sur notre pays, notre réel.

Vingt-quatre heures une a cette ambition de traiter l’information en se donnant du temps et de l’espace. Une information qui n’a d’autre urgence que l’utilité de décortiquer la complexité du monde et des hommes (Extrait de l’Edito).

Mon avis ?

Une couverture au toucher souple, lisse. Le nez entre les pages, la bonne odeur du papier imprimé rassure et donne tout de suite une bonne impression. L’impression de tenir une belle revue, intelligente et bien construite. Un coup d’œil sur le contenu confirme cette première idée. Image et texte s’associent et se lient parfaitement. Tout a été pensé réfléchi et choisi. L’illustration est un des points forts de ce nouveau mook. Aucune publicité ne vient gâcher ces 200 pages. Les récits, eux, nous prennent par la main. Départ au Caire où « Dieu, sexe et dentelle » font apparemment bon ménage, virage vers le tatouage et l’art qu’il incarne, plongée dans un Bruxelles by night et pendant que certains s’amusent, d’autres ont du mal à trouver le sommeil comme l’indique l’article « Les marchands de sommeil, en toute impunité ? ».

24h01-wiels-octobre-2013-122Je dois vous avouer que j’ai dévoré ce beau magazine, mais j’y reviens et prends le temps de m’y arrêter plus longtemps. Je vous le conseille vivement… Pour moi, jeune étudiante en journalisme, ce projet est un réel espoir pour la profession qui malheureusement fait parfois peur et paraît faible d’opportunités. Le journalisme se cherche et 24h01 est une réponse. Le problème reste que, pour ce premier numéro, tous les collaborateurs ont accepté de travailler bénévolement, sûrement par amour du métier. Seulement, cela ne peut pas suffire sur le long terme. Pour cela, ce magazine a besoin de vous, lecteurs.

Comment soutenir 24h01 ? 

En vous offrant ce premier numéro et, pourquoi pas, souscrire aux numéros 02 et 03. En plus, les frais de livraison sont compris dans le prix d’achat pour la Belgique, le Luxembourg, la France et la Suisse. C’est par ici…
www.24h01.be

Extrait de l’article « Dieu, sexe et dentelle »

À l’intérieur, une silhouette noire déambule entre les rayons. Tout ce qu’elle laisse entrevoir se résume à deux yeux sombres, bordés d’une épaisse couche de mascara, qui parcourent les étalages avec avidité. Tangas à paillettes, soutiens-gorges en perles, tuniques multicolores… : le décor scintille autour d’elle. D’une main gantée, elle saisit un body fendu à l’entrejambe et une combinaison dorée à larges mailles. À travers la fente du tissu, elle lance un regard interrogateur à son amie, assise plus loin sur un tabouret. Couverte en entier, elle aussi, elle secoue la tête. Non, ce n’est pas à son goût. Tant pis. Les deux femmes iront ailleurs, dans les des nombreux autres magasins de lingerie sexy qui jalonnent la rue.

Photo : © Baudouin Litt